La vision du PRD : libérale, conservatrice, Europe démocratique.

« On n’aurait jamais atteint le possible si dans le monde on ne s’était pas toujours et sans cesse attaqué à l’impossible. » M. Weber

Libérale.

« Imperia legum potentiora quam hominum. » Tite Live.

LA LIBERTE PERMET LE PROGRES ET LA PROSPERITE

Le pull que je porte est le fruit de l’activité du producteur de laine, qui a eu besoin des céréales de l’agriculteur pour ses bovins ; du fabricant de textile, qui utilise les machines développées par l’industriel auquel il les a achetées. L’agriculteur peut avoir recours aux marchés financiers pour se protéger des évolutions défavorables des prix des céréales.

Aucun gouvernement n’est omnisicient, bienveillant, omnipotent. Aucun gouvernement ne peut téléguider les milliards de relations, de décisions, qu’implique une société et son fonctionnement pour apporter le bonheur aux hommes. Les horreurs des thèses gauchistes perpétrées au XXè siècle, au nom du bonheur pour tous, le montrent tragiquement. Le gauchisme a ruiné tous les pays où il s’est implanté. Le gouvernement pas ses interventions empêche les individus et les groupes ( entreprises etc.) qu’ils constituent de bien réaliser leurs buts. Ces buts sont la réalisation, la production, de ce qui est utile, bien, pour les membres de la collectivité, dans le respect des règles de celle-ci.

(Photo : Staline, le visage du totalitarisme communiste et ses millions de morts.) L’individu n’est pas non plus inféodé à l’Etat. Pendant des siècles, des hommes et des femmes se sont battus pour obtenir cette liberté qui aujourd’hui, à certains, semble aller de soi. Il a fallu batailler, mourir, pour reléguer l’Etat, monarchique notamment, à sa juste place. Qu’attend-t-on de l’Etat : Liberté et sécurité, voilà ce que doit l’Etat aux individus. Et notons que la sécurité ne saurait être invoquée pour limiter les libertés fondamentales. « Le rôle fondamental de l’Etat étant de protéger la liberté de chacun dans la mesure où elle ne nuit pas aux autres, j’exige que les restrictions apportées à cette liberté soient aussi égales que possible pour tous et qu’elles soient limitées au strict nécessaire. » Karl Popper. On ne saurit mieux dire.

C’est de la controverse, de la polémique, du débat interne à la société, que naissent la science, la sagesse. Empêcher le débat, c’est empêcher la vérité, tant scientifique que philosophique, d’émerger.

Le bon fonctionnement de notre société est le résultat émergeant des choix de chaque individu, en lien avec ses partenaires tant dans le cadre d’une activité économique, que dans toutes les activités hors de cette sphère. C’est de cette possibilité d’initiatives individuelles, que les individus créent du lien social, ainsi que l’avait déjà bien noté au XIXème siècle un auteur comme Wilhelm Humbolt.

La liberté ce n’est pas la licence, la permissivité, le laxisme. Toute société a des hiérarchies, des relations d’autorité. Parce qu’il y a des autorités et des pouvoirs légitimes, acceptés par l’ensemble de la collectivité. C’est la division du travail social.

La liberté permet le débat, la controverse, et finalement elle permet à une société de sélectionner les règles de conduite les plus efficientes pour elle. Ces règles sont les valeurs, les mœurs, issues de l’histoire socio-politique, et sont objectivées dans les règles juridiques.

Ces valeurs, ces mœurs, sont notre civilisation, notre culture. Ce sont les savoirs, savoir-faire, les artefacts, accumulés au cours du temps. La civilisation européenne a deux matrices pour ses valeurs : la liberté et la vérité. Le progrès, la prospérité, en sont le fruit.

Ces règles de bonne, de juste conduite sont notre bien commun. Elles ont une dimension éminemment naturelle, attachée à la nature humaine. Le rôle du gouvernement est de les préserver.

Conservatrice

Conservatrice, car il s’agit de préserver notre civilisation et ce qu’elle a fait émerger tout au long de son histoire et qui transcende un moment particulier de cette histoire ; ainsi, les valeurs démocrates, comme la liberté d’expression, la critique sociale, la liberté d’entreprendre (qui ne se limite pas à la sphère économique, mais aussi aux arts, aux sciences), d’innover, le droit au respect de son intégrité physique, le droit de propriété, l’égalité des citoyens devant la loi, l ‘école, la science désintéressée ; la recherche de la vérité, car il existe une vérité et non des vérités qui se vaudraient toutes.

Se sont les valeurs, mœurs, les règles de bonne conduite, que l’on doit préserver. Cela ne signifie pas l’immobilisme, mais les adaptations « naturelles », et non les promesses de révolutions et de sociétés « clés en main ».

Ces règles peuvent se résumer en deux mots : Liberté, Vérité. Elles sont ce qui garantit notre progrès et elles sont le fruit de ce progrès car elles représentent les solutions apportées par les européens aux contraintes, aux risques, sociaux, naturels, auxquels ils furent confrontés . Ces valeurs, ces règles, sont le lègue de nos ancêtres, les réussites de la société européenne, devenue la société occidentale.

Le progrès n’est pas la remise au placard de ce que notre société a découvert, que ce soit sur le plan des sciences dures, mais aussi de la vie en société. Le progrès ce n’est pas le progressisme. Les naïfs de la Tabulam Rasam, vont-ils se priver des savoirs de la médecine ? Des avantages apportés par les savoirs en physique ? Vont-ils se complaire dans le totalitarisme qu’ils prônent à la place de la liberté ?

Le progrès c’est savoir préserver ces valeurs, les améliorer en agissant avec discernement, prudence, et non croire que tout ce qui est neuf est forcément bien, meilleur, que ce qui existe déjà. Au XVIII et XIXè siècles, l’auteur A. Ferguson écrivait : « L’espèce, aussi bien que l’individu, construit pour le futur sur les acquis du passé ; et successivement, elle parvient à un degré de perfection dans l’usage de ses facultés qui ne peut être que le produit d’une longue expérience et des efforts combinés de plusieurs générations »; évidemment, et heureusement, que chaque génération n’a pas à redécouvrir ce que les précédentes ont découvert ! Ainsi de la démarche scientifique avec les grecs, le droit avec les romains, le pluralisme des démocraties libérales, pour ne citer que ces exemples fondateurs.

Ces valeurs sont la vérité que nos prédécesseurs ont découverte quant à la vie en société, et nous ont léguée. Ces règles de bonne conduite, sont le bien commun que l’Etat a pour charge de préserver au nom de la communauté. C’est là la dimension républicaine de l’Etat, préserver ces valeurs qui fondent la démocratie. Ces valeurs sont le fondement de l’identité de notre société. Ce n’est pas le rôle d’un gouvernement d’estimer que ces valeurs sont mauvaises, dépassées. Elles ne sont pas dépassées et ne sauraient l’être, et les ajustements contingents de ces valeurs sont le fait naturel de la dynamique propre de la société. Le gouvernement vient après, pour l’inscrire dans la loi. « La chouette de Minerve ne prend son envole qu’à la tombée du crépuscule » Hegel.

Les malheurs du XXème siècle sont le résultat des utopies constructivistes de la gauche en action, de sa volonté de révolution, révolution qui n’est que destruction, sans possibilité d’amélioration, d’évolution positive, car on ne décrète pas le paradis sur Terre.

Une Europe démocratique, une Europe des peuples européens pour les peuples européens

L’Europe ne semble plus faire rêver; on peut le comprendre, le fonctionnement des institutions, mais surtout les idéologies défendues par les élites européennes, comme nationales, se sont les mêmes, ne vont pas dans le sens des intérêts de l’Europe et des européens. Mais jeter le bébé avec l’eau du bain n’est pas non plus agir dans le sens de nos intérêts, de notre présent et de notre futur, du futur de nos enfants.

Le futur est celui des grands ensembles, ayant de fait la capacité d’action globale. Comment défendre nos intérêts dans l’aire indopacifique face aux mastodontes, aux Etats-continents que sont la Chine et les EUA ? Comment avoir des économies pouvant rivaliser avec celles des EUA, de la Chine, de l’Inde, qui bénéficient d’un marché intérieur énorme, donc des économies d’échelle qui rendent concurrentiels leurs produits ?

Le défi auquel nous sommes confrontés aujourd’hui est de finaliser le projet économique de l’UE pour construire une économie puissante, au service des citoyens, et structurer de nouvelles institutions qui soient plus démocratiques, efficaces, là aussi au service des citoyens et de la pérennisation de notre civilisation.

L’Europe a donné le monde au monde. Athènes, Rome, le Christianisme, sur ces bases, elle a apporté la science, la philosophie, l’organisation socio-politique favorisant la concorde des citoyens dans le respect des libertés de chaque individu et chaque corps social, comme la famille. C’est une civilisation qui inspire le reste du monde parce qu’elle parle au tréfond de l’humain. Il ne s’agit pas de mépriser, de ne pas respecter les autres civilisations, elles ont toutes une belle histoire, mais il s’agit de reprendre conscience de nos réalisations. Nous appuyant sur notre passé, nous aurons aussi alors la force de bien vivre notre présent et d’édifier notre futur.

Les tragédies totalitaires, athées et collectivistes du XXème siècle, nous montrent ce que peut être un monde sans les valeurs de notre civilisation ; l’exemple totalitaire chinois, mais l’actualité récente en Occident où l’on a vu les tentatives des gouvernements de la gauche pseudo-démocratiques de manipuler les opinions publiques via l’utilisation des réseaux sociaux, (TwitterFiles, LockdownFiles), de la presse, montrent que cette menace est loin d’être derrière nous. Le conservatisme, le libéralisme, sont les bases du combat contre ces risques mortels pour notre civilisation.

Il nous faut construire une Europe véritablement démocratique, libérale, conservatrice, pérenniser les valeurs que nous avons reçues et défendre nos intérêts, innover lorsque nécessaire pour nous adapter ; se sont les conditions du bonheur dans sa dimension socio-politique.

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Manuel Morgado, président du PRD.