DES INSTITUTIONS INADAPTEES ?

Le vote de la réforme des retraites suivant l’article 49.3 de la constitution a donné lieu à une critique des institutions ; celles-ci ne seraient pas adaptées à la situation présente, à l’opposition d’une majorité de français à cette réforme des retraites.

Mais quand est-il ? Les institutions de la cinquième Républiques peuvent-elles être responsables d’une situation socio-politique qui est celle d’élites qui ne sont pas capables de répondre aux problèmes du pays, aux attentes des citoyens, à la « révolte des élites » ?

Dire oui, serait en somme affirmer que les gouvernements élus n’ont pas eu la possibilité d’appliquer leurs politiques ; or ce qui jusqu’ici caractérise la Vème, c’est justement qu’elle offre la possibilité d’avoir une majorité, et à cette majorité de gouverner. Les dernières élections législatives sont une première exceptions à cette règle. Cette situation vient des décennies au-cours desquelles les gouvernements successifs ont renoncé à tenir leurs engagements, ont reculé au moment de mettre en pratique ce pour quoi ils avaient été élus ; les citoyens ont finis par conclure qu’ils « n’étaient pas écoutés », qu’il ne servait à rien d’aller voter : abstention et finalement absence de majorité, les français ne sachant à quel saint se vouer.

Dans ce contexte, les institutions de la Vème ont permis au gouvernement de tenir ; que l’on approuve ou pas les décision prises, on évite les chutes récurrentes de gouvernements, qui n’auraient pas abouties à une situation différente de celle que l’on connaît : absence de majorité pour gouverner.

Les institutions évitent ainsi une instabilité supplémentaire ; elles représentent un îlot de stabilité, de lisibilité, tant pour les élus que pour les citoyens. Le 49.3 force les élus à se positionner face à la question posée, ainsi le débat est clarifié ; la constitution de majorité ponctuelle évite la valse de gouvernements, qui se révèlerait inutile mais coûteuse pour la vie démocratique du pays.

Il reste le cœur du problème : l’apparition d’une force politique en phase avec les besoins des citoyens et du pays.