De 1618 à 1648, les grandes puissances européennes se font la guerre. Les principaux Etats : la France (Richelieu, Mazarin), le Saint Empire, l’Espagne, les principautés italiennes, et l’Eglise.
En 1648, les Etats impliqués dans le conflit signent les trités de Westphalie. Cette paix de Westphalie établit de nouvelles règles du jeu entre les puissances, un nouveau système international. Ces nouvelles règles régiront les rapports entre les Etats.
Il s’agira notamment de mettre en sourdine les questions religieuses comme motif de conflit ; de ne plus tenir compte que des intérêts patrimoniaux et territoriaux des Etats. En cas de conflit, il s’agira de limiter les destructions. C’est la recherche de la bataille décisive, qui mènera aux négociations, dans lesquelles est inclue la puissance vaincue.
La première guerre mondiale signera l’échec de ce concert européen. La guerre sera longue. Destructrice avec des millions de morts, des centaines de milliers d’habitations détruites, les infrastructures, les terrains agricoles, fortement atteints.
La seconde guerre mondiale sera encore plus destructrice. Elle débouchera sur un monde bipolaire, et la guerre froide. Les deux grands ne mèneront pas de guerre directe, car le risque de guerre nucléaire était grand. Le combat est idéologique, chacun voulant montrer que son système politico-idéologique est le meilleur.
La chute de l’URSS, met fin à la guerre froide, et laisse émerger un nouveau monde, où le schéma des deux blocs cède la place de nouveau à un monde multipolaire. Emergent des puissances régionales, mais à vocation mondiale. Chine, Inde, Russie. Ces Etats, La dimension de guerre idéologique devient quasi inexistante. Les Etats défendent, protègent, l’accès aux ressources critiques pour leur économie, veulent garantir leur zone d’influence, leur zone réservée.
Cela rappelle éminemment la situation de la paix Westphalienne. Nous sommes donc dans un monde post post Westphalien. Comme en logique, deux négations forment une affirmation, au monde post westphalien de 1945, succède un monde multipolaire dont les caractéristiques sont celles du système international né en 1648.
Dans ce cadre, chaque Etat doit être en mesure de défendre ses intérêts, « satisfaire à de grands intérêts publics, tels que ceux du commerce, de l’industrie, et de tout ce qui concerne la prospérité des nations », « pour défendre l’indépendance nationale menacée ». (Jomini)
A cet égard, l’attitude des USA vis-à-vis du Groenland ne surprend que les aveugles qui vivent toujours dans le temps dépassé de l’après seconde guerre mondiale.
Objectivement, le Groenland par sa position géographique constitue ce que Jomini appela un point stratégique permanent, i.e non lié à un conflit spécifique. De ce fait, le Groenland reliant l’Est Russe et Chinois au territoire américain, est un espace à l’ évidente importance stratégique.
Cette importance stratégique vaut pour l’Europe. Mais que font les dirigeants européens ? Un des objectifs de la politique est la sécurité dans la prospérité pour les citoyens et la nation. Les dirigeants européens sont loin d’approcher cet objectif. Au niveau européen comme au niveau national.